Sorti le 29 mars 2010, J’accuse est le sixième album de l’auteur-compositeur-interprète, le précédent opus étant A Lovers Prayers, sorti en 2009 sous le pseudonyme de Yellow Trycicle.

« Faut du gasoil dans la bagnole, la carte bleue dans la chatte… »

Le titre de l’album fait une référence directe à la célèbre lettre d’Emile Zola au Président de la République, publiée au journal L’Aurore le 13 janvier 1898. Cette dernière, tout comme son homonyme contemporaine, est un véritable pamphlet. L’album de Damien Saez dénonce ouvertement la société dans laquelle nous nous perdons, la consommation poussée à son summum, la superficialité et le culte de l’image, la société de communication qui nous submerge. Le rock saezien est vif, des paroles acérées, tranchantes et des constats accablants. Depuis « J’veux du nucléaire », « No Place for Us » ou encore « Jeune et Con », Saez n’avait pas autant fait parler de lui. Aujourd’hui nombre d’entre vous, lecteurs, avez entendu parler de son dernier album.

Une couverture dérangeante ?

Photographie en noir et blanc réalisée par Jean-Baptiste Mondino, femme posant nue dans un caddie, jambes écartées, escarpins au pied. Le 5 mars 2010, l’affiche qui reprend ce même cliché est censurée. L’affichage dans le métro parisien et les lieux publics sont interdits par l’ARPP, l’Autorité de Régularisation Professionnelle de la Publicité. Le rapport femme-marchandise est utilisé par cette autorité pour justifier la censure. Selon elle, la publicité « ne peut réduire la personne humaine, et en particulier la femme, à une fonction d’objet ». Pourtant, quoi de plus normal que de dénoncer l’hégémonie de la société de consommation, qui réduit l’être humain à des objets ?

La réaction de l’artiste ne s’est pas fait attendre : «Une femme nue dans un caddie, outrage aux moeurs du commerce ? Remise en question du système ? Droit d’informer ?». «Cette interdiction aurait pour but de protéger l’image de la nature humaine, j’en doute. Mais protéger l’image du caddie ? (…) Une chose est sûre, les caddies valent plus que les hommes dans nos pays».

Rien ne vaut une bonne écoute pour en juger.

Myspace de Saez