Encore un chef d’oeuvre de Clint Eastwood (vive l’objectivité).

Invictus, réalisé en 2009, raconte l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela dans une Afrique du Sud encore fortement marquée par les séquelles de l’apartheid. Comment réunifier un pays divisé ? Comment annihiler un manichéisme Noir/Blanc ?

Nelson Mandela (incarné par un Morgan Freeman de grande classe et à l’accent afrikaner bien marqué) mise sur  le rugby, et plus particulièrement l’équipe nationale : les Springboks, dont le fan club est composé à 110% de population blanche.

Le rugby prend ici des valeurs symboliques, transcende la ségrégation.

Des dissonances naît l’harmonie.

Entre stratégies politiques, révoltes et mécontentements, réunification. Grâce à une réalisation de génie, un rythme effréné et un jeu d’acteur bouleversant [Matt Damon, Morgan Freeman (et j’en passe !) sont sublimes] Invictus marque le début d’année 2010 en beauté.

Invictus est également un poème de William Ernest Henley :

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbow’d.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

Depuis l’obscurité qui m’envahit,
Noire comme le royaume de l’enfer,
Je remercie les dieux quels qu’ils soient
Pour mon âme indomptable.

Dans l’étreinte féroce des circonstances,
Je n’ai ni bronché ni pleuré
Sous les coups de l’adversité.
Mon esprit est ensanglanté mais inflexible.

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne se profile que l’horreur de la nuit.
Et pourtant face à la grande menace
Je me trouve et je reste sans peur.

Peu importe combien le voyage sera dur,
Et combien la liste des châtiments sera lourde,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

Quand littérature et cinéma ne font qu’un…